Soutenez commentaires.com!
Commentaires.com Commentaires.com en page de démarrage   samedi 22 novembre 2008
e-magazine contre
le néo-conformisme


Home

Suisse

Etranger

Economie

Société

L'invité

Les meilleurs articles

Grands mots

Griffures

Newsletter

Vos commentaires

L'Atout


SolCreations



Votre commentaire
Les commentaires doivent être signés. Les textes anonymes ou signés de pseudonymes ne sont pas pris en considération. Merci

Titre:
 
Commentaire: 
 
Auteur:    Adresse e-mail: 
 
Afin d'éviter le spam dans les commentaires, veuillez résoudre l'addition ci-dessous :
 

Etranger
Berlin lance ses hussards sur Vaduz




commentaires.com - Philippe Barraud

lundi 18 février 2008


Un Etat démocratique peut-il user de méthodes criminelles pour pénétrer le secret bancaire d’un autre Etat? Si la réponse est oui, alors la Suisse devrait se barricader contre l’Allemagne.

Personne ne semble trouver choquant que le gouvernement allemand négocie un énorme pot de vin (entre 4 et 5 millions d’euros) avec un employé félon d’une banque du Liechtenstein, pour qu’il vole des documents confidentiels, à savoir des listings de clients allemands.

Il y a pourtant là, de la part d’un des principaux acteurs de l’Union européenne, un comportement clairement criminel, qui relève de l’espionnage économique pur et simple — sans parler de la violation de la souveraineté d’un Etat étranger.

On nous dira que la lutte contre la fraude fiscale l’exige, et apparemment tout le monde semble s’en accommoder. Pardon: les banques du Liechtenstein, de Suisse ou du Luxembourg n’ont pas à gérer le désordre fiscal allemand. Si ce pays, tout comme la France, juge opportun de chasser les grosses fortunes de son territoire, c’est son problème, pas celui des banques étrangères. Une réforme de la fiscalité serait beaucoup plus efficace, et surtout plus conforme aux règles de bon voisinage international, que ces appels à la délation par corruption interposée.

Il est possible que cette opération rapporte quelques fruits à court terme au gouvernement de Mme Merkel, et que cet «investissement» dans un pot de vin (net d’impôts?) rapporte. Mais quel climat cela va-t-il engendrer? Car pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Berlin pourrait aussi s’intéresser aux secrets industriels, aux listings de clients des grandes entreprises étrangères, voire aux dispositifs militaires de ses voisins. Une fois que le pli est pris...

La Suisse et ses institutions bancaires ont tout à craindre de cette agressivité allemande. Elles doivent sans attendre verrouiller le système, mais sans illusions: personne n’est incorruptible, ce n’est qu’une question de montant. A tout le moins, les banques doivent-elles renforcer la sécurité des données des clients étrangers, et empêcher qu’un employé subalterne puisse en avoir une vue d’ensemble.

Quant au Liechtenstein, on espère qu’il va réagir de la manière la plus ferme à ces méthodes de hussards, fussent-ils en jupon. A moins que, pragmatique, il ne fasse de la surenchère auprès des candidats traîtres, dans le dos des espions allemands, voire auprès des agents du fisc allemand, pour qu'ils égarent ces listings: ce serait un juste retour des choses.



envoyer article
Envoyer cet article à une connaissance

reaction_voir
Vos commentaires (3)
reaction_ajouter
Ajouter votre commentaire


Vos commentaires Newsletter Griffures Grands mots
Editeur Publicité Contact Soutien RSS Haut de page
WnG Solutions © 2004