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e-magazine contre le néo-conformisme











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Economie |
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Bouffer du banquier, c’est plus facile!
    
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 commentaires.com - Philippe Barraud |
 mercredi 20 février 2008
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 Informer est difficile. Bouffer du banquier et dénoncer le capitalisme, c'est beaucoup plus amusant.
La crise du crédit inquiète bien évidemment les clients des banques – autrement dit l’ensemble de la population. Cette insécurité désagréable pourrait être tempérée par un effort d’information particulier de la part des médias. C’est tout le contraire qui se produit. Huile sur le feu («faut-il retirer ses sous d’UBS?»), désinformation et manipulations idéologiques accablent le lecteur-auditeur romand.
Un proverbe américain dit que moins vous en savez sur un sujet, plus il faut en parler de manière péremptoire. Scrupuleusement appliquée dans nos contrées, cette pratique nous vaut, en lieu et place d’informations utiles, des commentaires aussi vengeurs qu’incompétents, marqués au coin de l’idéologie molle régnante, à la fois bien pensante et marxisante: tout ça, c’est la faute du libéralisme et du capitalisme, il faut d’urgence instituer un contrôle étatique sur l’activité bancaire.
C’est l’occasion, pour des médias dont les journalistes sont autant de procureurs à la guillotine facile, de bouffer du «riche», de flinguer du trader, engeance honnie après avoir été adulée, de conchier en bloc les banques, coupables de vouloir faire du «profit» (tiens donc!), de réclamer des têtes, à l’image un peu dérisoire des Fouquier-Tinville de Ringier, qui voudraient tant «se payer» Marcel Ospel – un trophée de choix, non?
Au soir de l’annonce des ennuis de Credit Suisse, on nous annonçait sur La Première que les investisseurs avaient «retiré leur confiance» à la deuxième banque du pays, phrase lourde de sens, tout de même. Vraiment? Dans ces journées tendues, il est indispensable d’aller regarder de près l’évolution des cours boursiers, et ce qui se passe autour, plutôt que d’attendre les dépêches de l’Agence télégraphique suisse. Avec un peu de persévérance (et cela fait partie du boulot des journalistes), on réalise vite qu’il ne faut pas tirer des conclusions hâtives des apparences. Ce 19 février, le cours de l’action a certes fortement plongé mais, en y regardant de plus près, on pouvait voir qu’en fin de matinée déjà, le nombre des acheteurs d’actions de Credit Suisse dépassait celui des vendeurs!
Une lecture superficielle des faits ou des dépêches vous fait dire – à quelques centaines de milliers d’auditeurs... – que la confiance a déserté une banque. En réalité, c’est le contraire qui s’est produit! Les investisseurs ont en majorité témoigné de leur confiance à la banque, et leur nombre n’a cessé d’augmenter au long de la journée. Inutile de dire, au passage, qu’il ont fait une excellente affaire en cette journée de soldes. Et ne l’ébruitez pas: ils ont même fait du profit!
Dans un domaine où les rumeurs, les petites phrases et les ballons d’essai font des ravages, les médias ont un devoir de compétence encore plus grand que dans d’autres domaines. Certains l’ont bien compris et font un travail irréprochable, comme L’Agefi ou Le Temps, ou même La Première lorsqu’elle interroge des spécialistes plutôt que de laisser se défouler ses procureurs. Leur exemple devrait inspirer des médias plus populaires, voire plus populistes, qui manifestement préfèrent agiter des chiffons rouges (forcément) sous le nez du lecteur peu averti, et donc tellement manipulable.
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