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e-magazine contre le néo-conformisme











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Suisse |
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Israël, une trahison suisse
    
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 commentaires.com - Philippe Barraud |
 jeudi 8 mai 2008
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 Israël a 60 ans et n’a pas connu un seul jour de paix depuis sa fondation, comme le titrait 24 Heures du 8 mai.
Nous autres, bien au chaud en Europe, avons une tendance chronique à oublier cette donnée fondamentale. La guerre? Il n’y a plus beaucoup de Suisses pour se souvenir de ce que c’est au quotidien. Ce qui nous permet de juger — et surtout de condamner! — l’Etat hébreu lorsqu’il se défend, souvent avec brutalité, oui, contre les agressions des terroristes. On ose dire «terroristes», même s’il faut dire, en langage politiquement correct, «activistes».
Cela paraît évident et pourtant il faut le répéter sans cesse: on ne réagit pas de la même manière lorsqu’on a en permanence un pistolet sur la tempe ou des roquettes sur les écoles. Et on peut être sûr que mêmes nos braves Suisses donneurs de leçons ne réagiraient pas autrement que les Israéliens, si des va-t-en-guerre s’obstinaient à balancer, tous les jours, des obus sur les écoles d’Yverdon, de Lausanne ou de Stein-am-Rhein.
Le fait que la Suisse n’ait pas été invitée aux festivités de cet anniversaire est une vexation grave et à la fois méritée. Nous la devons principalement à la politique étrangère de Mme Calmy-Rey — et, derrière elle, du Conseil fédéral. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, ce sont les risettes de la ministre des Affaires étrangères à Mahmoud Ahmadinejad, venue signer un contrat gazier en faveur de... l’Italie, comme s’il s’agissait d’un chef d’Etat comme les autres.
Or M. Ahmadinejad n’est pas un chef d’Etat comme les autres, c’est un militant antisémite et révisionniste, un homme dangereux et, de ce fait, clairement infréquentable. A plusieurs reprises, M. Ahmadinejad a appelé à la destruction d’Israël, sa politique constante est de donner à son pays les moyens de vitrifier l’Etat hébreu et sa population, tout en organisant des colloques révisionnistes. Cela, dans la plus grande indifférence occidentale.
Imaginons pourtant qu’un haut responsable politique, suisse ou allemand par exemple, appelle à la destruction d’Israël, et organise des colloques révisionnistes: on imagine l’énormité du scandale, la probable suppression de ses mandats, un procès en bonne et due forme, et une condamnation à une peine de prison ferme. M. Ahmadinejad, lui, a droit à toutes les indulgences, à la compréhension de la Suisse bienveillante, qui ne s’émeut pas pour si peu, mais qui signe des contrats. On peut se demander si Mme Calmy-Rey, il y a 70 ans, aurait signé un contrat tout sourire avec le Chancelier Hitler, comme on disait à l’époque: après tout, il ne tenait pas des propos différents de ceux de M. Ahmadinejad, et il avait du charbon.
On comprend dès lors que vu d’Israël, à travers les yeux de ceux qui sont en permanence au coeur de la cible, l’attitude de la Suisse apparaisse comme une sorte de trahison, pour un pauvre plat de lentilles. En allant à Téhéran, Mme Calmy-Rey n’a pas défendu les intérêts stratégiques de la Suisse, elle a juste trahi la confiance d’un pays ami qui, dans une région clairement hostile à nos valeurs de civilisation, fait face, pour sa survie et peut-être la nôtre.
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