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e-magazine contre le néo-conformisme











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Société |
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Quand la justice légitime le communautarisme
    
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 commentaires.com - Philippe Barraud |
 vendredi 30 mai 2008
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 Un tel jugement, dans quelque obscure tyrannie islamique, ne ferait même plus réagir. Mais en France! Mais en 2008! Il s’est trouvé un tribunal pour annuler un mariage sous prétexte que la mariée n’était pas vierge, une «qualité essentielle» selon la loi.
L’énormité de ce jugement n’émeut pas le Procureur de la République de Lille, qui estime que «du strict point de vue juridique», la décision est «assez conforme à la jurisprudence classique». Elle n’émeut pas davantage la Garde des Sceaux, Mme Rachida Dati, qui voit là un moyen de «protéger la personne». La protéger de quoi? En tout cas pas de l’opprobre de sa famille, dans laquelle elle sera renvoyée!
On est typiquement là dans un cas où il faut dépasser le «strict point de vue juridique», et se demander, en philosophe, quel droit on défend, et surtout quelles valeurs de civilisation on défend.
Ce jugement est bien évidemment contraire aux principes de l’égalité de l'égalité des droits entre hommes et femmes (un tel procès contre un homme est impossible), et il renvoie les femmes à des pratiques et à des époques qui font froid dans le dos. Mais, au-delà de l’insulte faite au femmes, au mépris ainsi affiché de leur liberté, c’est le fondement même de la décision du tribunal qui fait très peur.
Pourquoi? Parce que le juge a fait tout naturellement siennes les convictions du mari, musulman, il s’y est en quelque sorte soumis. En cela, il n’a pas rendu une justice impartiale, mais une justice taillée sur mesure pour une communauté donnée. Cela signifie que demain, un juge français pourrait absoudre les matrones qui se rendent coupables d’excision, ou régulariser la situation d’un homme en état de polygamie, puisque ces pratiques, contraires à l’ordre juridique de la France, sont celles d’une communauté particulière.
On voit d’emblée qu’une telle «adaptation» de la justice est intolérable, puisqu’elle justifie et encourage le communautarisme: à chaque communauté (nationale, religieuse…) sont ordre juridique propre, adoubé par la justice française. C’est une faute, qui ruine brutalement tous les efforts d’intégration déployés pour que, précisément, les lois de la République s’appliquent à toutes celles et à tous ceux qui résident sur son territoire.
Où va-t-on, si c’est la justice elle-même qui démolit les valeurs républicaines et encourage les comportements qui portent atteinte à la personne et à sa liberté? Où va-t-on, si c’est la justice elle-même qui légitime le communautarisme?
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